[ Publié le June 22, 2012
]
Dernièrement, je faisais état
auprès d’un ami infirmier en oncologie dans un CHU, d’une discussion que
j’avais eue récemment avec quelques collègues féminines de mon service quant à
la qualité du suivi et de l’accueil dans
les différents services de maternité dans lesquels elles ont accouché.
Le ressenti était unanime :
la qualité de la prestation médicale
n’a jamais été remise en question. Il y a une réelle mise à disposition des
mamans et de leur entourage d’un savoir-faire technique assurément
professionnel et précis.
Cependant, un argument revient de
manière redondante : le savoir-être
n’est malheureusement pas toujours au rendez-vous.
Le témoignage de ma collègue m’a
interpellé d’autant plus quand j’ai constaté le hochement de tête
approbateur et le rire gêné des autres interlocutrices :
- « Le travail
avait commencé, et tout au long de cette interminable journée, tout le monde y
est passé pour m’ausculter, sauf peut-être la femme de ménage ! Mais je
n’en suis même pas certaine tellement ils furent nombreux (ses) à se présenter
pour évaluer mon degré de dilatation, et puisqu’aucun n’a jugé bon de se
présenter si ce n’est pas son nom, au moins par sa fonction ! »
Suite à mon récit, mon ami m’explique
qu’effectivement, au cours de ses années de pratique, il n’avait jamais fait
attention à ce phénomène, trop débordé
et concentré sur ses gestes techniques, jusqu’à ce que lui-même soit
hospitalisé et se rende compte de l’importance
de ce relationnel, de ce savoir-être :
- « En service
de réanimation, j’étais tellement mal et je n’avais aucun interlocuteur précis.
Affaibli et apeuré, j’ai fini par piquer une colère quand une énième personne
est entrée dans ma chambre, sans se présenter, sans frapper à la porte, qu’elle
a allumé le plafonnier sans égard pour mon sommeil ou mon état. Elle a presque
balancé mon médicament sur la table avant de repartir en râlant parce que je
lui ai rappelé que cela faisait 4 heures que j’attendais mon changement de perfusion
qui commençait à être franchement douloureuse et que je n’avais toujours pas
d’interlocuteur, sauf les aides-soignantes qui ne pouvaient cependant rien
faire pour moi. »
Faut-il assurément en passer par l’expérience douloureuse de l’état de
« patient » réduit à une
pathologie pour acquérir la certitude que l’humanisation des « relations soignant soigné » est
essentielle et participe grandement à l’amélioration de la santé du malade ?
La qualité d’une prestation passe évidemment par l’addition d’un savoir-faire ET d’un savoir-être
de civilité sans que quiconque exige une moindre servilité du personnel
soignant afin que le mieux-être soit au
centre de la prise en charge des patients et de la vie des services médicaux.
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